Interfel : pour la mise en place par l’Etat d’un plan stratégique filière répondant aux enjeux actuels de santé et d’environnement

Interfel : pour la mise en place par l’Etat d’un plan stratégique filière répondant aux enjeux actuels de santé et d’environnement

Le 16 juin dernier, Laurent Grandin et Jacques Rouchaussé, respectivement président de l’Interprofession des fruits et légumes frais (Interfel) et président du Centre Technique Interprofessionnel des Fruits et Légumes (CTIFL), ont été reçus par le ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation, Didier Guillaume, confirmant soutenir la tenue par ce dernier d’une future conférence sur l’alimentation. En revanche, les deux hommes ont souhaité faire entendre leur voix afin qu’une approche spécifique soit dédiée aux fruits et légumes frais. Une demande formulée de la manière suivante :


« La filière avait déjà pris de nombreux engagements en faveur de la biodiversité et de l’environnement dans le cadre de son plan stratégique déposé et validé par le Président de la République et le ministre de l’Agriculture.  La crise a démontré que les engagements pris dans ce plan étaient d’autant plus pertinents et nécessitent un indispensable plan d’accompagnement des pouvoirs publics, pour  la mise en œuvre d’une véritable politique en faveur d’un meilleur équilibre de notre consommation vers les productions végétales.
La filière a réaffirmé que pour répondre aux enjeux de santé publique et d’environnement, il était indispensable d’obtenir un soutien de la production par la recherche de gain de compétitivité de l’offre française et sa diversification. Il faut également assurer une approche cohérente européenne en termes de réglementation afin de maintenir des échanges favorisant toute l’année une accessibilité suffisante des fruits et légumes à l’ensemble de la population.
Cette crise a montré la capacité d’adaptation et d’organisation de la filière, en bref sa résilience afin de maintenir son potentiel de production, de commercialisation et de consommation. Cependant, si les tendances constatées depuis plus de dix ans, de recul permanent de la production n’étaient pas enrayées, une crise future du même ordre ne permettrait plus à la filière de trouver ces solutions.
La filière reste tournée vers une transition agro écologique qu'elle juge stratégique et que le ministre de l'Agriculture met en avant en termes de santé, d'environnement et de résilience alimentaire. Toutefois, l'insuffisante cohérence entre les ambitions, les déclarations et les moyens pourrait réduire à néant ces orientations en post crise.
Les solutions ne peuvent être trouvées et rendues opérationnelles sans un réel effort en matière de recherche et d’expérimentation et sans un accompagnement de la société comprenant un large plan d’information des consommateurs.
Il est venu le temps de mettre en cohérence les attentes sociétales en matière d’alimentation, d’environnement et de santé avec  les investissements dans des filières qui répondent véritablement à ces enjeux. 


Nous ne devons pas manquer collectivement ce rendez-vous avec l’Histoire. »